Penser la justice sociale en éducation : entre réflexion critique et engagement professionnel

Appel à contribution pour le numéro thématique (Vol.11 (1), 2021) de la revue scientifique L’éducation en débats : analyse comparée. Éditrices : Myriam Radhouane (Université de Genève) & Stéphanie Bauer (Haute École Pédagogique du canton de Vaud).

Récemment, la question de la justice sociale semble prendre une place plus visible dans les débats sociaux, notamment en résonance aux différents mouvements citoyens dénonçant le racisme et le sexisme, mais aussi d’autres injustices sociales. Initialement porté par des voix anglo-saxonnes, qui le discutent depuis plusieurs décennies, le concept est aujourd’hui bien présent dans les discours francophones, où sa résonance avec les notions d’égalité, d’inégalités et de discriminations nourrit le débat scientifique et social. En particulier, les discussions à propos de l’évolution du concept permettent une réflexion sur le monde, sur les interactions interindividuelles, intergroupales, sur les interdépendances qui structurent notre environnement (social, politique et économique), mais aussi sur nos conceptions de l’éducation, de ses finalités et de son fonctionnement. La question éducative cristallise en effet les enjeux de justice soulevés par la scolarisation et la distribution des élèves dans l’institution éducative (Dubet, 2018). Pour ces raisons, il nous semble important d’interroger le concept de justice sociale dans ce numéro de Education en débat, de sa théorisation à son application sur les terrains scolaire et socio-éducatif.

Développé à partir des travaux de Rawls (1972), et de la théorie sociale critique notamment Fraser (2005 ; 2009) et Young (1990 ; 2002), le concept de justice sociale peut être compris comme un processus, mais également comme un objectif (Bell, 2007). Cela signifie que la justice est à la fois un paradigme dans lequel ancrer son action, mais aussi le but vers lequel cette action doit justement tendre. A cet égard, le concept de justice sociale met en évidence l’enjeu crucial de participation de l’ensemble des groupes, a fortiori des groupes minorisés, à la vie sociale et citoyenne. Il ne s’agit pas seulement d’une question d’accès aux ressources amenant ainsi la réflexion plus loin que le seul principe de redistribution, ou de reconnaissance, mais également de pouvoir d’agir ou d’empowerment (Fraser, 2005). Dans le domaine de l’éducation, le concept de justice sociale peut donc permettre d’éclairer les rapports de pouvoir structurant l’agir scolaire de même que la formation des élèves à un monde plus juste. En effet, en termes d’analyse critique des rapports de pouvoir, la justice sociale implique une remise en cause de toute forme de domination institutionnalisée et des mécanismes de reproduction des inégalités (Grant & Gibson, 2013 ; Dubet, 2018). Ensuite, au regard de théories telles que l’enseignement culturellement pertinent (Ladson-Billings, 1995), la justice sociale en éducation peut se traduire dans les pratiques et postures pédagogiques (voir par exemple Woodley, Hernandez, Parra & Negash, 2017 ; Trudel, Oliveira & Mathieu, 2018) et ainsi participer à la formation critique des élèves et au développement de leur engagement social (Ladson-Billings, 1995 ; Gay, 2010).

La justice sociale permet donc d’interroger la responsabilité de l’école et de la société dans la construction des espaces de décision et de liberté. Ce concept, en visant à rendre l’individu « acteur-trice » de ses propres décisions ou pour reprendre les termes de Fraser (2004) «partenaires à part entière dans l’interaction sociale » (p.158), fait ainsi écho aux approches critiques et antiracistes (Ladson-Billings & Tate, 2006 : Gillborn, 2006), à l’approche des capabilités d’Amarty Sen (Sen, 2000), à la pédagogie Freirienne (Freire, 2006 ; 1983) et également au développement du paradigme inclusif (Prud’Homme, Vienneau, Ramel, & Rousseau, 2011). La notion de transformation sociale se trouve donc au coeur du paradigme de justice sociale et se répercute sur son développement en contexte éducatif.

Toutefois, malgré sa fécondité pour analyser le monde éducatif, le concept de justice sociale n’est pas dénué d’ambiguïtés, de flou conceptuel et d’usage excessif (Boylan & Woolsey, 2015; McDonald & Zeichner, 2009). De plus, les enjeux identitaires qui émergent dans le débat sur la justice sociale ne sont pas exempts des biais liés à la catégorisation des individus. En effet, la mise en visibilité de différents groupes impose leur dénomination, ceci impliquant une crainte déjà bien documentée de réification (Sleeter & Grant, 2009). Se pose également la question des rapports entre les différents marqueurs identitaires et le risque de la réduction de la réalité que propose une logique unique de lecture ; c’est pourquoi, il est intéressant de croiser les appartenances, et ainsi de penser la justice sociale de manière intersectionnelle (Gillborn, 2015).

En tenant compte des intérêts que peut représenter la réflexion sur la justice sociale en éducation, mais également de ses travers, ce numéro de la revue Education en débat, propose aux auteur-e-s de s’interroger sur les manières dont la justice sociale peut prendre place dans la réflexion théorique comme dans les pratiques de terrain.

Les communications attendues peuvent s’inscrire dans l’un des trois axes ci-dessous :

1. Définitions, enjeux conceptuels et épistémologiques : la première partie du numéro offrira aux auteur-e-s l’opportunité de s’interroger sur le concept de justice sociale, ses fondements théoriques, son histoire tant ancienne que contemporaine et sa résonance dans le monde actuel. Les auteur-e-s sont alors invité-e-s à mettre en discussion les liens théoriques, et leurs limites, entre les cadres mobilisés en sciences de l’éducation et les différents développements du concept de justice sociale.

2. Mise en oeuvre de la justice sociale en éducation : la seconde partie du numéro relèvera d’un volet empirique et cherchera à documenter des pratiques du monde scolaire, pouvant se revendiquer d’une approche ancrée dans le prisme de la justice sociale. Les auteur-e-s sont ainsi invité-e-s à rendre compte de pratiques, de projets, de posture des professionnel-le-s de l’éducation relevant du champ de la justice sociale, qui la mettent en pratique et/ou qui en montrent ses limites. Les tensions et bénéfices pour le système éducatif peuvent être interrogées.

3. La justice sociale en éducation… au-delà de l’école : Dans une dernière partie, nous invitons les auteur-e-s à interroger le développement de la justice sociale dans des champs éducatifs hors sphère scolaire (travail social, socio-éducatif, formation d’adultes, …). Les articles interrogeront les enjeux sociétaux et éducatifs relatifs à ces cadres, qu’ils s’expriment dans une perspective théorique et/ou empirique.

Processus de publication

Les auteur.e.s sont invité.e.s à suivre le calendrier ci-dessous. Les abstracts envoyés devront rendre explicites les apports de l’article pour le numéro ; ils seront évalués par les éditrices. Les articles subiront un processus d’évaluation à l’aveugle par les pairs qui définira leur Acceptation sans modification, Acceptation sous-réserve de modifications mineures, Acceptation sous-réserve de modifications majeures, ou leur refus.

Plus d’informations sur le processus de publication sont disponibles sur le site de la revue : https://www.unige.ch/fapse/erdie/revue-electronique/
Consignes aux auteurs : https://www.unige.ch/fapse/erdie/revue-electronique/auteurs/

Calendrier (sous réserve de modifications)
15 octobre : Abstract de 700 mots à transmettre à ;
15 novembre : Réponses aux auteur-e-s quant à la recevabilité de l’abstract ;
28 février : Reddition de l’article ;
1er mai : Évaluation par les pairs et réponses aux auteur-e-s ;
Automne-hiver 2021 (la date sera définie en fonction des retours des articles revus après évaluation) : Publication du numéro.

Bibliographie

Bell, L. A. (2007). Theoretical foundations for Social Justice Education. In M. Adams, L. A. Bell, & P. Griffin (Dir.), Teaching for diversity and social justice (2nd ed., pp. 1-14). New York: Routledge.

Boylan, M., & Woolsey, I. (2015). Teacher education for social justice: Mapping identity spaces. Teaching and Teacher Education, 46, 62-71. doi:10.1016/j.tate.2014.10.007

Crenshaw, K. (1991). Mapping the margins: Intersectionality, identity, politics, and violence against women of color. Standford Law Review, 43(6), 1241-1299.

Dubet, F. (2018). Inégalités scolaire. Dans P. Savidan (Dir.) Dictionnaire des inégalités et de la justice sociale (pp. 758-764). Paris : Presses Universitaires de France.

Fraser, N. (2004). Justice sociale, redistribution et reconnaissance. Revue du MAUSS, 1(23), 152-164.

Fraser, N. (2005). Qu’est-ce que la justice sociale? Reconnaissance et redistribution. Paris: Editions la découverte.

Fraser, N. (2009). Scales of justice: Reimagining political space in a globalizing world. New York: Columbia University Press.

Freire, P. (1983). Pédagogie des opprimés suivi de Conscientisation et révolution. Paris: La découverte / Maspero.

Freire, P. (2006). Pédagogie de l’autonomie. Toulouse: Erès.

Gay, G. (2010). Culturally responsive teaching: theory, research and practice (2nd ed.). New York: Teachers College Press.

Gillborn, D. (2006). Critical race theory and education: Racism and anti-racism in educational theory and praxis. Discourse: studies in the cultural politics of education, 27(1), 11-32.

Grant, C. A., & Gibson, M. L. (2013). “The path of social justice”: A Human Rights History of Social Justice Education. Equity & Excellence in Education, 46(1), 81-99. doi:10.1080/10665684.2012.750190

Ladson-Billings, G. (1995). But that’s just good teaching! The case for culturally relevant pedagogy. Theory into practice, 34(3), 159-165.

Ladson-Billings, G., & Tate, W. F. (2006). Toward a critical race theory of education. In A. Dixson & C. Rousseau (Dir.), Critical race theory in education: All God’s children got a song (pp. 11-30). New York, London: Routledge.

McDonald, M., & Zeichner, K. M. (2009). Social Justice Teacher Education. In W. Ayers, T. Quinn, & D. Stovall (Dir.), Handbook of social justice in education (pp. 595-610). London: Routledge.

Prud’Homme, L., Duchesne, H., Bonvin, P., & Vienneau, R. (2016). L’inclusion scolaire: ses fondements, ses acteurs et ses pratiques. Bruxelles: De Boeck Superieur.

Rawls, J. (1972). A theory of justice. Oxford: Oxford University Press.

Sen, A. (2000). Repenser l’inégalité. Paris: Seuil.

Sleeter, C. E., & Grant, C. A. (2009). Making choices for multicultural education: five approaches to race, class and gender (6th ed.). New York: Wiley.

Trudel, M., Oliveira, A. d., & Mathieu, É. (2018). L’apport de l’art actuel au dialogue interculturel : proposition d’une approche d’appréciation en classe d’arts plastiques. Education et francophonie, 46(2), 109-124.

Woodley, X., Hernandez, C., Parra, J., & Negash, B. (2017). Celebrating difference: best practices in culturally responsive teaching online. TechTrends, (61), 470-478.

Young, I. M. (1990). Social movements and the politics of difference. Princeton, NJ: Princeton University Press.

Young, I. M. (1999). State, Civil Society, and Social Justice. In I. Shapiro & C. Hacker-Cordon (Dir.), Democracy’s value (pp. 141-162). Cambridge: Cambridge University Press.

Buchpublikation: 1918 in Bildung und Erziehung. Traditionen, Transitionen, Visionen

Andrea De Vincenti
Norbert Grube
Andreas Hoffmann-Ocon
(Hrsg.)

„1918“ bezeichnet mehr als das Ende des Ersten Weltkriegs. Der Jahresbezug begründet
häufig auch bildungsgeschichtliche Narrative. Hingegen fragt der Band nach Gleichzeitigkeiten von Zäsuren und Tradierungen, Brüchen und Kontinuitäten in regionalen, nationalen, europäischen und globalen Perspektiven. Er untersucht vielfältige Paradoxien vermeintlich alter und neuer pädagogischer Kulturen und Praktiken ebenso wie Ambivalenzen der Jugend zwischen Aufbegehren und Anknüpfung an Bildungsideale. Auch die Infragestellung von Schule und Pädagogik, ihre Relegitimierung sowie die Verflechtung von Sozialdemokratie und Sozialismus mit Bildungsreformen und -traditionen werden fokussiert. Damit zielt der Band auf den vielfach beschriebenen «Kampf der Ideologien» in der Zwischenkriegszeit und auf die Zirkulation konkurrierender Wissen, sodass er bildungshistorisch die komplexe Offenheit von 1918 diskutiert.

Digitale Version

Formarsi e formare con la storia dell’educazione (Quaderno didattico del laboratorio RDCD)

Il laboratorio Ricerca storico-educativa, documentazione, conservazione e digitalizzazione mette a disposizione questo strumento che si rivolge a formatori di docenti e docenti (in formazione e in servizio) per un approccio alla riflessione sulla professione con i mezzi della storia dell’educazione. Il Quaderno è gratuitamente scaricabile al link: www.supsi.ch/go/quaderno-storiadelleducazione

Le temps des jolies colonies de vacances Au cœur de la construction d’un service public, 1944-1960.

Nouvelle parution : Julien Fuchs, Le temps des jolies colonies de vacances. Au cœur de la construction d’un service public, 1944-1960.

Entre 1944 et 1960, les colonies de vacances deviennent en France un phénomène social majeur, concernant des centaines de milliers d’enfants et d’adolescents. Soucieux d’accompagner l’expansion de ces structures nées d’initiatives privées, l’État bâtit à leur encontre une politique spécifique et leur dédie une administration. Autour de la figure d’Étienne Bécart, celle-ci est en charge de règlementer le secteur, d’organiser son subventionnement, de structurer un système d’inspection et d’impulser une orientation pédagogique en s’intéressant notamment à la formation des cadres. Basé sur les archives de la Direction générale de la Jeunesse et des Sports, mais aussi sur des sources audiovisuelles originales, ce livre montre comment un service public des colonies se construit en prenant appui notamment, mais sans exclusivité, sur l’univers laïc, et en confrontant ses intentions généreuses à d’incontournables limites dans cette société française de la IVe République.

Site de l’éditeur

Digitale Ressourcen für Bildungshistoriker*innen – ein Überblick

In technischer und redaktioneller Betreuung durch die Bibliothek für Bildungsgeschichtliche Forschung in Berlin wurde anfangs diesen Jahres eine neue Plattform für institutionenübergreifende digitale Ressourcen der Bildungsgeschichte im deutsch-sprachigen Raum lanciert.

Die Seite befindet sich im Aufbau. Kommentare, Anregungen und Rückmeldungen sind willkommen.

Hier geht’s zur Homepage: bildungsgeschichte.de

Monika Mattes publizierte anlässlich der gegenwärtig geschlossenen Museen und Archive einen Übersicht zu digitalen, bildungshistorischen Ressourcen im deutsch-sprachigen Raum.

Hier geht’s zum Artikel!

Buchpublikation: Pädagogisierung des ‘guten Lebens’

De Vincenti, Andrea, Norbert Grube, Michèle Hofmann und Lukas Boser, Hrsg. 2020. Pädagogisierung des ‘guten Lebens’. Bildungshistorische Perspektiven auf Ambitionen und Dynamiken im 20. Jahrhundert. Bern: Bibliothek am Guisanplatz.

Die Pädagogisierung der Gesellschaft wird in der Gegenwart vielfach offenkundig, etwa wenn Schulen den angeblich richtigen Umgang mit Gesundheit und Medien vermitteln. Mit diesen und anderen Massnahmen sollen Kinder zu einem «guten Leben» befähigt werden. Eine so ausgerichtete Pädagogisierung beschränkt sich aber nicht auf das Kindesalter oder Schulen, vielmehr erfolgt sie an vielfältigen gesellschaftlichen Orten und unter Einbezug von Erwachsenen. Die Pädagogisierung des «guten Lebens» ist weder Signum der Gegenwart noch moderner Gesellschaften, sondern findet sich auch in der Vergangenheit. Hier setzt der bildungshistorische Sammelband an und diskutiert Ausprägungen und Entwicklungen von schulischer und ausserschulischer Pädagogisierung des «guten Lebens» in ihrem Wandel.

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Construire la paix par l’éducation : réseaux et mouvements internationaux au XXe siècle

Rita Hofstetter, Joëlle Droux, Michel Christian (éds.), Construire la paix par l’éducation : réseaux et mouvements internationaux au XXe siècle. Genève au cœur d’une utopie. Neuchâtel : Editions Alphil.

Le 2 juin 1913 s’ouvre à Paris le xe Congrès international des femmes qui débouche sur un souhait : « Que les femmes s’initient au pacifisme, suprême affirmation
du droit humain, et qu’elles s’en inspirent dans l’éducation des enfants. » On ne saurait mieux dire le lien étroit qui unit déjà combat pacifiste et enjeux éducatifs à la veille de la Première Guerre mondiale.
Cet ouvrage met précisément en lumière la façon dont les terrains éducatifs ont été traversés au fil du XXe siècle par une diversité de causes transnationales portées par la conviction que la paix se construit par l’éducation. À l’épicentre de ces réseaux, un lieu qui est bien plus qu’une ville : Genève, modeste cité lémanique qui se transforme à partir de 1919 en une véritable ruche internationaliste avec l’arrivée des premières grandes organisations internationales chargées de bâtir un nouvel ordre mondial.
L’ouvrage montre le rôle conféré à l’éducation afin de favoriser cette solidarité universelle et de faire circuler en Europe et dans le monde ces valeurs pacifistes qui nourrissent l’« esprit de Genève ». Les contributions dévoilent la diversité des acteurs individuels (pédagogues, psychologues, médecins, politiciens) et collectifs (réseaux scientifiques, mouvements associatifs et militants) engagés dans cette dynamique réformiste, et cela bien au-delà de l’entre-deux-guerres. Elles donnent à voir la richesse des initiatives alimentant cet élan pacifiste auprès des jeunes, entre les mains desquels se jouerait le devenir de la démocratie et de l’humanité. Les auteurs examinent aussi les controverses, les tensions et les concurrences qui entourent ces élans internationalistes. En mettant au jour les tribulations et les transformations de ces projets réformistes dans le temps et l’espace, l’ouvrage propose de nouveaux éclairages sur la genèse transnationale des politiques éducatives contemporaines.

Table des matières

Elèves et étudiants en révolte : contestations et régulations au sein de l’ordre scolaire et universitaire.

Élèves et étudiants en révolte : contestations et régulations au sein de l’ordre scolaire et universitaire.
Les Cahiers de Framespa. Nouveaux champs de l’histoire sociale, n° 32, 2019.
Ce numéro interroge les notions de contestation et de régulation dans le domaine de l’histoire de l’éducation. Ouvert aux spécialistes de toutes les périodes historiques, du Moyen- Âge jusqu’à l’époque contemporaine, il inscrit sa réflexion dans le temps long afin de rendre compte des continuités et des ruptures, des héritages et des renouvellements de la dialectique «régulation/contestation » dans le cadre d’une histoire sociale et culturelle du fait éducatif.

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Tintenfass – Schweizerischer Preis für Bildungsgeschichte

Das Schulmuseum Bern verleiht jährlich einen Preis für einen hervorragenden schulgeschichtlichen, bildungsgeschichtlichen, erziehungsgeschichtlichen  Beitrag.


Tintenfass, der schweizerische Preis für Bildungsgeschichte, wird jeweils im Herbst im Schulmuseum Bern an einem öffentlichen Anlass verliehen.

Teilnehmen können Autorinnen und Autoren von Beiträgen mit einem historischen Blick auf Unterricht, Schule, Bildung oder Erziehung – als

-eingereichten wissenschaftlichen Text  (Seminar-, Bachelor-, Masterarbeit, Dissertation)
publizierten populären Text     (Broschüre, Buch, Artikelserie, Presseartikel).

Die Preissumme beträgt 500.- sFr.

Die Jury besteht aus
-Prof. em. Dr. phil. I habil Hans-Ulrich Grunder, Stiftungsrat Schulmuseum Bern
-Pia Lädrach, Geschäftsführerin Schulmuseum Bern
-Dr. Katharina Kellerhals, Bildungshistorikerin
-Prof. Dr. Andrea Schweizer, Stiftungsrätin Schulmuseum Bern, Leiterin Institut Sekundarstufe I, Pädagogische Hochschule Bern
Die Jury bearbeitet die Einsendungen in einem anonymisierten Verfahren. Sie trifft ihren Entscheid in nicht-öffentlichen Sitzungen und führt keine Korrespondenz darüber.

Der Einsendeschluss für Tintenfass 2020 ist der 31.8.2020.

Senden Sie Ihren Text als pdf-Dokument (per mail) und als Printversion (per Post) an

Pia Lädrach
Geschäftsführerin Schulmuseum Bern
Muhlernstrasse 9, CH-3098 Köniz
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L’expérience Vrocho à Nice.

Parution de la nouvelle publication de Xavier Riondet, « L’expérience Vrocho à Nice. Controverses et résistances du quotidien au coeur de l’évolution des normes », Rouen : PUR, 2019.

 Cette étude porte sur la réception d’une expérience corporelle que le thérapeute naturiste grec Vrocho initia en France dans les milieux naturistes et pédagogiques des années 1930. Cet ouvrage revient sur les répercussions philosophiques, pédagogiques et politiques de l’aventure collective qui prit forme autour de ce personnage à proximité des célèbres pédagogues Élise Freinet, Célestin Freinet et Adolphe Ferrière. Cette promenade permettra aux lecteurs de se confronter à la profondeur et à la complexité de la question des pratiques tout en observant la longue et incertaine lutte à l’oeuvre dans les champs scientifiques et à l’extérieur pour faire évoluer les normes, qu’elles soient sociales, pédagogiques ou médicales. 

„Schulen auf besonnter Höhe“. Gründung und Entwicklung von alpinen Mittelschulen in der Schweiz von 1875 bis 1950

Parution de la nouvelle publication de Peter Metz, „Schulen auf besonnter Höhe“. Gründung und Entwicklung von alpinen Mittelschulen in der Schweiz von 1875 bis 1950, Chur: Tardis, 2019.

Ab 1875 sind im alpinen Raum der Schweiz zahlreiche private Schulen mit progymnasialem und gymnasialem Bildungsangebot entstanden. Sie wurden von einer internationalen sowie nationalen Schülerschaft besucht. Voraussetzung und Ansporn dieser Schulgründungen waren die verkehrs­mässige Erschliessung, der aufkommende Tourismus und die Entdeckung des gesundheitsför­dernden Höhenklimas der Alpen. Damit konstituierte sich im historischen und systemischen Anschluss an die Volksschulstufe und in Ergänzung zu kon­fessionellen Mittelschulen ein nachobligatorischer Bildungs­raum mit privaten Mittelschulen. Mit Hilfe von Literatur zur Entwicklungsgeschichte der Alpenerschliessung und unter Bezugnahme zur Geschichte von Medizin, Sport und Touris­mus wird die bisherige Bildungsgeschichte um eine interessante Facette, die Konstitution eines vollschulischen privaten Bildungsangebots im alpinen Raum der Schweiz, erweitert. Die Studie untersucht 16 ausgewählte private Mittelschulen aus allen drei Landesteilen der Schweiz.

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Monografie zu « Schule und Zivilreligion » erschienen

Rahel Katzensteins Dissertation « Schule und Zivilreligion. Die Diskussion über den schulischen Religionsunterricht im Kanton Zürich 1872 und 2004 » ist im Chronos Verlag erschienen.

« Die öffentliche Schule kann die Gemüter erhitzen, die Erwartungen an sie sind vielfältig und hoch gespannt: neben grundlegenden Kulturtechniken wie Lesen, Schreiben, Rechnen sollen unter anderem Gesundheitsvorsorge, Gewaltprävention, der Umgang mit neuen Informationstechnologien, mit Sexualität und Geld gelehrt werden. Seit die öffentliche Schule nicht mehr unter kirchlicher, sondern unter staatlicher Aufsicht steht, werden auch zivilreligiös aufgeladene Erwartungen an sie herangetragen.
Doch strebt, wer von einer pluralistischen Gesellschaft spricht, wirklich einen weltanschaulich-religiös-kulturellen Pluralismus an oder wird nur einer oberflächlichen Vielfalt das Wort geredet, weil dann die eigene Prägung nicht grundlegend infrage gestellt werden muss? Die Analyse zweier Diskussionen um den schulischen Religionsunterricht im Kanton Zürich 1872 und 2004 geht dieser Frage nach, schildert die Vor- und Nachgeschichte der Ereignisse und ordnet die Auseinandersetzungen im Spannungsfeld von Religionsfreiheit und dem Streben nach gesellschaftlichem Zusammenhalt in den jeweiligen gesellschaftlichen und politischen Kontext ein. »

Publication: Apprendre l’arithmétique dans les manuels scolaires au XIXe siècle

Valérie Legros (2019), Apprendre l’arithmétique dans les manuels scolaires au XIXe siècle, PULIM : Limoges cedex.

« Une préoccupation d’Etat pour l’enseignement primaire apparaît vraiment au moment de la Révolution française. Dès cette période, l’enseignement du « compter », du calcul devient une question prioritaire à côté de celui de lire et écrire. Les écoles primaires, créées avec la loi Guizot (1833), sont le lieu de l’enseignement du calcul pour des générations de jeunes français. Toutefois pendant le XIXe siècle, la réflexion pédagogique est balbutiante. Des pédagogues commencent à s’intéresser à l’enseignement scolaire ; Des auteurs vont s’essayer à la composition de manuels scolaires utiles pour les élèves et les maîtres d’écoles primaires. L’évolution formelle de ces livres est manifeste au fil du XIXe siècle.  La présente recherche s’appuie sur l’analyse de plusieurs dizaines de manuels scolaires d’arithmétique publiés avant les lois scolaires de la Troisième République ; Une méthode pédagogique s’y affirme, utilisée par la très grande majorité des auteurs, une méthode procédurale qui associe un petit nombre d’énoncés théoriques qu’il faut apprendre par coeur et beaucoup de règles pratiques pour apprendre les nombres, pour calculer des opérations, pour faire des exercices ou résoudre des problèmes en grand nombre. Cette méthode procédurale insiste sur la nécessité de « faire » : faire des opérations, faire des exercices pour apprendre l’arithmétique. »

Special Issue: « Pour une histoire renouvelée des élèves (XVIe-XXIe siècles) » dans Histoire de l’Éducation

Ce numéro propose cinq approches historiographiques qui permettent de mettre en perspective l’évolution de la recherche sur l’histoire des élèves en France (Véronique Castagnet-Lars et Jean-François Condette), en Italie (Alberto Barausse, Carla Ghizzoni et Juri Meda), dans trois pays de langue germanique (Thomas Ruoss et Philipp Eigenmann) et aux États-Unis (Sébastien-Akira Alix).

https://journals.openedition.org/histoire-education/4106

Education et savoirs en société

Nouvelle collection « Education et savoirs en société » dirigée par J. Barrier et K. Robinault.

Cette collection propose d’accueillir des travaux de recherche inédits sur l’éducation et, plus largement, sur l’élaboration, la circulation et la transmission de savoirs dans différents contextes sociaux, historiques et politiques. Sans négliger les phénomènes de pouvoir et de production d’inégalités, elle porte ainsi une attention particulière à la question des savoirs et des apprentissages. Ouverte sur l’ensemble des disciplines, elle envisage éducations et savoirs dans toute leur diversité. À ce titre, elle interrogera les dynamiques à l’œuvre aussi bien dans des institutions éducatives que dans d’autres espaces sociaux, comme la famille, les milieux associatifs ou le monde économique. Les ouvrages publiés, de préférence des monographies, s’adressent aux chercheurs, étudiants, formateurs et citoyens intéressés par les résultats de la recherche dans ce domaine.

ENS Editions

Fontaine Alexandre, Gillabert Matthieu & Hoenig Bianca (Ed.) (2019). « Die Schweiz – eine Kulturtransfergeschichte / La Suisse – une histoire de transferts culturels ». Traverse, Zeitschrift für Geschichte, 1, 216 p.

Die Schweiz stellt einen Raum intensiver kultureller Transfers dar. Wissen und Bezüge aus dem Ausland wurden aufgenommen, angeeignet und reinterpretiert, sei es im kantonalen, regionalen, lokalen oder nationalen Rahmen. Dieser Schwerpunkt der traverse setzt sich zum Ziel, die Rolle von kulturellen Importen und ausländischen Bezügen in der Schweiz genauer zu fassen. Anhand des schweizerischen Falls wird damit eine Relektüre des Kulturtransferkonzepts und seiner Methoden angestrebt.

La Suisse incarne un espace de transferts culturels qui a absorbé des savoirs et des références étrangères, non sans les réinterpréter afin de les ajuster dans ses propres contextes, qu’ils soient cantonaux, régionaux, locaux ou national. Ce numéro de traverse a pour objectif d’analyser les processus complexes d’absorptions, de transferts et de réinterprétations d’idées et de pratiques diverses. Ainsi, le numéro souhaite réinterroger la notion de transfert culturel et ses méthodes dans le cas helvétique.

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Une innovation pédagogique : le cas de l’enseignement mutuel au XIXe siècle

Sylviane Tinembart et Edward Pahud, Une innovation pédagogique : le cas de l’enseignement mutuel au XIXe siècle, Neuchâtel : Alphil, 2019.

Enseigner la lecture et l’écriture avec succès à mille enfants présents dans une même salle, cela pourrait passer aujourd’hui pour un pari fou et pourtant deux hommes l’ont imaginé et l’ont mis en pratique.
L’Écossais Andrew Bell et l’Anglais Joseph Lancaster se sont ainsi lancés à corps perdu dans l’expérience de l’enseignement mutuel au début du XIXe siècle. Ils proposent alors que des enfants enseignent à d’autres enfants.
Très rapidement, leurs écoles acquièrent une grande renommée d’abord en Grande-Bretagne, puis en France ; leur mode d’enseignement s’étend ensuite comme une trainée de poudre à travers l’Europe et le monde. Ils apportent ainsi une réponse aux problèmes des autorités scolaires de l’époque qui, faute de moyens financiers, peinent à former des enseignants et à concevoir les systèmes d’instruction publique.
La première partie de l’ouvrage retrace les origines, le développement et le déclin de ce mode d’enseignement et la seconde décrit l’organisation, les composantes et les variations de sa mise en oeuvre.
Ainsi, grâce à l’étude de cette innovation pédagogique du XIXe siècle, c’est un pan de l’histoire de l’école qui est remis en lumière.

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