Appel à articles : « Les modes d’engagement des jeunes, dans et hors l’école, en contexte de crise. »

Argumentaire

La polysémie de la notion d’engagement telle qu’elle est mobilisée autour de la question scolaire et dans le contexte de l’école oscille entre inculcation et ouverture de possibles, ce qui en fait une question discutée. L’engagement des jeunes relève parfois d’une adhésion à des valeurs prônées par l’école. Il peut également s’exprimer en dehors de l’école et s’orienter vers une critique de l’idéologie dominante qui prévaut dans la société. Il est dès lors nécessaire d’articuler les visions normatives et émancipatrices de l’engagement pour comprendre comment ces conceptions antinomiques s’articulent dans et hors l’école, en tenant compte aussi de ce qui distingue la fin de la scolarité obligatoire de l’enseignement secondaire ultérieur.

La pluralité des acceptions de la notion d’engagement (éthique, sociologique, psychologique, etc.) témoigne des multiples références mobilisées par l’éducation à la citoyenneté (histoire, sociologie, philosophie, science politique, droit, géographie, etc.). L’analyse des engagements devient alors un angle d’attaque pertinent pour étudier les contenus et modalités didactiques développés dans le domaine de l’éducation à la citoyenneté, une « discipline » hybride qui demeure constamment en construction. Bien que datant de 2015, l’Enseignement moral et civique en France a ainsi fait l’objet d’analyses qui montrent son caractère pluriel et controversé (Kahn, 2015 ; Desmery, 2020). Cette notion peut concerner les élèves, mais aussi les enseignant-es (sur le plan professionnel, syndical, politique, etc.), et surtout rassembler sous le même terme des engagements multiples (civique, social, politique, scolaire, etc.). 

Le lien entre engagements et école recèle nombre d’ambiguïtés, notamment celle de l’injonction prescriptive, c’est-à-dire la distinction de bons et de mauvais engagements, et des acteurs et actrices qui la déterminent. En témoigne par exemple la virulence des réactions actuelles face à l’engagement d’une lycéenne dans un combat contre le réchauffement climatique, faisant face à des critiques genrées, mais aussi quant à sa jeunesse et son statut d’« écolière ». Dans la même veine, les interrogations que soulève le statut de la grève dans un contexte scolaire sont une preuve de la dimension sensible de ces questions. Les engagements de la jeunesse dans des contextes nationaux variés sont un sujet de premier plan à l’heure des grèves pour le climat ou des luttes féministes, même si ces mouvements d’ampleur planétaire ont subi une réorganisation du fait du contexte pandémique actuel. Cette crise sanitaire interroge d’ailleurs les relations entre les générations ainsi que les engagements subis ou choisis de la jeunesse.

L’enjeu central de cet appel à articles est ainsi de questionner la pluralité des engagements provoqués ou attendus à l’école et hors de l’école et de comprendre la relation entre injonction normative et promotion de l’émancipation. 

Diverses catégories de références sont mobilisables pour penser l’engagement à l’école :

– Dans la perspective de la mise en œuvre d’une école émancipatrice (Freire, 1983 [1968]) qui ne soit pas fondée sur la simple prescription de valeurs qui se vident de leur dimension politique pour se réduire à de simples civilités, il s’agira de réfléchir aux conditions (pédagogiques mais aussi organisationnelles) qui permettent aux élèves d’exercer une réflexionautonome, notamment par le biais de l’examen de problèmes de société susceptibles de les engager en tant que sujets agissants. La notion d’émancipation (Freire, 1983 [1968] ; Garnier, 2014) est intimement liée à cette pluralité des formes d’agentivité des élèves et interroge sa signification du point de vue de leur autonomie d’action et de pensée, mais également de la reconnaissance (Honneth, 2000) de cette autonomie par les adultes.

– Reinhart Koselleck (2000 [1979]) a également mis en lumière l’articulation entre un champ d’expérience et un horizon d’attente qui marquent le passé et l’avenir de tout un chacun, celle-ci constituant un moteur de la prise de décision, ce qui la lie à l’agentivité (agency) qui s’oppose au fatalisme. Cet appel postule que la crise contemporaine des horizons d’attente a une influence majeure sur les engagements de la jeunesse, qu’ils se manifestent dans ou hors école, qu’ils soient encouragés ou empêchés. Il ne s’agit donc pas de traiter de la crise de l’école ou de celle de la société, mais de la façon dont ces horizons d’attente troublés entrent dans l’école. Cette pénétration est souvent accompagnée d’une injonction à l’engagement des élèves encore mineur-es, cette posture étant perçue comme une réponse à ladite crise. 

– Le contexte scolaire nord-américain est traversé de tensions autour du rapport dialectique entre reconnaissance et universalité, certains groupes minoritaires exprimant le constat d’une forme d’assignation à l’universalisme. Abordé sous l’angle de la philosophie politique notamment, ce débat concerne l’éducation à la citoyenneté en mettant en tension les concepts d’universalisme et de particularisme (Sant, 2019). 

– L’engagement de la jeunesse, dans et hors école, ne se restreint pas à la citoyenneté politique à venir (pour les mineur-es) puisque le choix de s’engager dans certains clubs (pour pratiquer un sport, apprendre un art créatif, etc.) peut aussi mener à des formes d’engagements proto-politiques. Cela illustre la capacité des élèves à choisir leurs engagements en toute connaissance de cause et à faire ainsi preuve de discernement, y compris dans le choix de ne pas s’engager. Cette attitude peut ainsi être conçue comme une forme de contre-engagement (Robert-Mazaye, Demers, Boutonnet et Lefrançois, 2017).

– L’étude des formes d’engagement des jeunes doit permettre de déterminer quel-les citoyen-nes l’école entend former et d’évaluer la réalité de cette formation civique. Il serait par exemple fructueux de réfléchir au rapport dialectique entre les engagements prescrits et l’encouragement à faire preuve de discernement. La notion de justice sociale transmise aux élèves, vers laquelle tend la taxonomie de Westheimer & Kahne, prend un sens particulier dans le contexte de mouvements sociaux contemporains qui touchent la jeunesse un peu partout dans le monde. Et de se demander enfin, en mobilisant par exemple la didactique de la citoyenneté comment faire face au dilemme moral qui consiste à faire valoir sans prescrire (Heimberg, 2011). La didactique de l’enseignement des questions sensibles en classe pourra être examinée en la confrontant notamment aux critiques d’un enseignement de nature dogmatique (Legardez & Simonneaux, 2006).

Cet appel ne se limite pas à l’aire francophone, tous les pays pouvant être concernés par une telle approche. La jeunesse, dans sa pluralité, doit être entendue ici au sens large, bien qu’il semble intéressant de relier l’engagement des jeunes à leur minorité civique et politique, ce qui permet de prendre en compte une participation qui va au-delà du vote. 

D’autre part, des articles historiques traitant de crises passées (guerres, famines, épidémies) permettraient d’éclairer les enjeux contemporains de cette entrée des crises dans l’École. Ce questionnement peut ainsi s’inscrire dans plusieurs champs disciplinaires afin d’aborder aussi bien des formes passées d’engagements que des expériences contemporaines, voire des projets à venir. La perspective diachronique doit permettre un mouvement de va-et-vient entre passé et présent en historicisant les débats contemporains sur l’éducation à la citoyenneté notamment.

Cet appel encourage enfin à analyser la reconnaissance de la parole et des points de vue diversifiés des jeunes, ce qui repose la question du lien entre engagement et insertion, mais montre aussi le caractère parfois normatif de celle-ci. Le concept de reconnaissance apparaît alors fondamental à prendre en compte dans le cas d’engagements moraux ou en vue d’un résultat pratique.

Axes de travail – Les propositions pourront s’articuler selon les trois axes suivants qui ne sont pas exclusifs : 

Axe 1 : Analyser la crise des horizons d’attente comme facteur et ressort d’engagements pour changer le monde de l’école ou par l’école dans des contextes traumatiques passés (guerres, catastrophes, etc.). 

– Quelles sont les tensions, présentes et passées, liées à la conception de l’école en examinant le lien dialectique entre les contenus et les procédures ? Certains contenus peuvent être émancipateurs mais transmis par des dispositifs qui contreviennent par leur essence même à ce processus, comme la pédagogie catéchistique (Buttier, 2016 et 2017).

-Il est alors nécessaire de questionner la possibilité même d’un enseignement des enjeux politiques et sociaux à l’école, voire d’une éducation au politique (Mougniotte, 1999). Comment transposer les savoirs savants en savoirs enseignables à tous, en les élémentant et non en les abrégeant pour reprendre des réflexions pédagogiques héritées du Siècle des Lumières et de la Révolution française, réactivées au XXème siècle en didactique avec le concept d’élémentation des savoirs (Astolfi, 2014).

Axe 2 : Examiner les engagements pédagogiques et didactiques et leur puissance émancipatrice potentielle. 

-Comment mobiliser les travaux menés par Westheimer & Kahne (2004) qui constituent une tentative de typologie, ou taxonomie selon Éthier & Lefrançois (2015), non pas des engagements, mais des élèves engagé-es, pour étudier les diverses formes d’engagements ? 

-Il importe donc également de partir des programmes et plans d’études afin d’identifier les attentes réglementaires concernant l’engagement à l’école. Heimberg (2007) a justement posé la question de la prescription en plaidant pour « ouvrir des perspectives de réflexion autonome pour les jeunes ». Des formes d’engagement inédites se font jour en niant parfois la capacité même de l’école à permettre aux élèves de s’engager, lorsqu’il s’agit de grèves scolaires par exemple. 

-Quels types d’engagement découlent-ils de la pénétration de débats controversés dans l’école, quel sont ceux qui sont promus, quels engagements sont-ils empêchés, en fonction de ces questions sensibles dans la classe, dans la société mais aussi, parfois, dans les savoirs de référence ? 

-Sachant que la citoyenneté scolaire peut se révéler très fortement normée, dessinant en creux le projet politico-éducatif d’une société, quel peut être le bénéfice d’une approche comparatiste des formes d’engagements selon les contextes culturels considérés ?

Axe 3 : Interroger l’éducation aux enjeux politiques et sociaux dans l’école d’aujourd’hui : s’agit-il d’un encouragement ou bien d’un obstacle aux engagements des élèves ? 

-Ce dossier encourage à interroger l’existence d’une volonté émancipatrice qui semble plus être le fait de certains protagonistes (individuels ou collectifs) que des institutions en charge de l’école. L’école est souvent mobilisée face à ce qui est qualifié de « déficit d’engagement » de la jeunesse, les espoirs se reportant notamment sur l’éducation à la citoyenneté, bien que l’impact de celle-ci reste largement inconnu. L’injonction à s’engager pour la démocratie dans sa forme traditionnelle et minimaliste (voter, s’insérer dans des institutions ou des structures pré-existantes) peut-elle ainsi être perçue comme un engagement forcé ?

-Quelles sont les formes d’engagement politique reconnues : voter aux élections, connaître les institutions, être membres des sections jeunes des partis, se syndiquer, etc. ? Un engagement peut ainsi être valorisé tout en méconnaissant certaines formes alternatives de participations à la sphère publique qui peuvent être plus engageantes pour certain-es élèves. 

-La notion de neutralité scolaire doit être interrogée en l’historicisant et en adoptant également une démarche comparatiste pour tenir compte des contextes particuliers dans lesquels elle s’exprime (Potvin, 2015). L’engagement peut être à la fois le but à atteindre lorsqu’il vise à fabriquer des citoyen-ne-s autonomes et responsables, ou bien le repoussoir lorsqu’il se manifeste dans une radicalisation politique ou religieuse pouvant aboutir à la négation la plus extrême de l’altérité. 

-La question doit également se poser de savoir comment traiter des effets de l’éducation à la citoyenneté sur les élèves, dans un contexte troublé comme celui des attentats qui ont touché la France en 2015 par exemple ? (Bozec, 2016). En sachant, comme le soulève l’auteure, que les attentats en France ont une influence très forte sur les finalités de l’école en matière d’éducation à la citoyenneté. 

-Dans ce contexte de crise des horizons d’attente, l’évolution de l’enseignement devient une réponse aux tensions sociale, économique, politique, environnementale ou encore sanitaire. L’éducation à la citoyenneté et tous les enseignements qui participent de la formation civique sont perçus comme autant de leviers de transformation en même temps qu’ils sont soumis à une demande sociale. Ces quelques questions n’épuisent pas les sujets qui pourront être traités et visent à susciter des propositions aussi riches que variées.

Calendrier

Les articles complets sont attendus pour le 30 juin 2021 au plus tard (les adresser à Jean-Charles Buttier, à l’adresse suivante : )

Les auteurs et autrices recevront les résultats des expertises au 30 octobre 2021 au plus tard pour permettre les allers-retours nécessaires avant les versions définitives. 

La parution est prévue pour fin décembre 2021.

Pour toutes demandes de renseignements, contacter Jean-Charles Buttier ().

Normes de présentation

Les propositions d’articles doivent faire apparaitre Titre, sous-titre, nom et prénom de l’auteur ou des auteurs, fonction, équipe de recherche et organisme d’appartenance, un résumé de 350 à 500 signes maximum, en français et en anglais ainsi que 3 ou 4 mots-clés, en français et en anglais.

Les articles doivent respecter les normes APA mises à jour : https://journals.openedition.org/trema/876

Bibliographie indicative

Astolfi, J. – P. (2014 / 2008). La saveur des savoirsDisciplines et plaisir d’apprendre. Issy-les-Moulineaux : ESF éditeur.

Becker, H.S. (1960). Notes sur le concept d’engagement, trad. C. Debras, A. Perdoncin. Tracés, n°11, « L’engagement », p. 177-192. https://www.cairn.info/revue-traces-2006-2.htm

Bozec, G. (2016, avril). Éducation à la citoyenneté à l’École. Politiques, pratiques scolaires et effets sur les élèves, CNESCOhttp://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/164000299.pdf

Buttier, J.-C. (2016). De la catéchèse chrétienne aux catéchismes politiques : la morale élémentaire enseignée en France (1789-1848). Revue de didactique des sciences des religions, 2. http://religionskunde.ch/

Buttier, J.-C. (2017). La Nation, l’École et la Révolution française (XVIIIe siècle – XXIe siècle). Dans P. Alvarez Làzaro et alii (dir.), Religión, laicidad y sociedad en la Historia contemporánea de España, Italia y Francia. Comillas.

Desmery, K. (2020). Pour une éducation à la liberté responsable : les perspectives d’un enseignement moral et civique. Paris : Jean-Marc Savary éditeur, 2020.

Éthier, M.-A., Lefrançois, D. & Demers, S. (2011). Jalons pour une analyse des visées de formation socio-identitaire en enseignement de l’histoire. Dans M.-A. Éthier, D. Lefrançois, J.-F. Cardin, Enseigner et apprendre l’histoire : manuels, enseignants et élèves. Québec : Presses de l’Université Laval.

Éthier, M.-A., Lefrançois, D. (2015). Chapitre 6. Les visées de formation citoyenne dans l’enseignement de l’histoire au Québec en contexte de réforme(s) et de contreréforme(s). Dans F. Audigier, A. Sgard, N. Tutiaux-Guillon (dir.) Sciences de la nature et de la société dans une école en mutation. Fragmentations, recompositions, nouvelles alliances ? Louvain : De Boeck. 

Freire, P. (1983 / 1968). Pédagogie des opprimés. Paris : François Maspero.

Garnier, B. (2014). Territoires, identités et politiques d’éducation en France. Carrefours de l’éducation, vol. 38, n° 2, p. 127-157. 

Heimberg, C. (2007). École, jeunes et politique : peut-on préserver la démocratie en la prescrivant ?. Dans F. Oser & al. (Éds.), Vom Gelingen und Scheitern Politischer Bildung. Studien und Entwürfe (p. 503-510). Zurich & Coire : Verlag Ruegger. 

Heimberg, C. (2011). L’éducation à la citoyenneté à Genève et en Suisse romande : comment faire valoir sans prescrire ?, Vierteljahrsschrift für wissenchaftiche Pädagogik (p. 520-532). Paderborn : Verlag Ferdinand Schöningh, n° 87 / 3. 

Honneth, A. (2000 / 1992). La lutte pour la reconnaissance. Paris : Éditions du Cerf.

P. Kahn, P. (2015). “L’enseignement moral et civique“ : vain projet ou ambition légitime ? Éléments pour un débat. Carrefours de l’éducation, 1, n° 39, p. 185-202. 

Koselleck, R. (2000 / 1979). Le Futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques. Paris : École des hautes études en sciences sociales (Recherches d’histoire et de sciences sociales, 44).

Legardez, A., Simonneaux, L. (dir.) (2006). L’école à l’épreuve de l’actualité. Enseigner les questions vives. Issy-les-Moulineaux : ESF. 

Mougniotte, A. (1999 [1992]). Pour une éducation au politique. En collège et en lycée. Paris : L’Harmattan.

Potvin, M. (2015). L’école n’est pas neutre : diversité, discriminations et équité à l’école québécoise. Dans S. Demers, D. Lefrançois, M.-A. Éthier (dir.), Les fondements de l’éducation. Perspectives critiques (p. 381-448). Montréal : Multimondes.

Robert-Mazaye, C., Demers, S., Boutonnet, V. & Lefrançois, D. (2017). Désengagement ou scepticisme engagé ? L’action politique et citoyenne des jeunes québécois. La revue internationale de l’éducation familiale, 1, n° 41, p. 95-117.

Sant, E. (2019). Democratic education: A theoretical review (2006-2017). Review of Educational Research, vol. 89 / 5, pp. 655-696.

Westheimer, J. & Kahne, J. (2004). What kind of citizen? The politics of educating for democracy. American Educational Research Journal, vol. 41, no 2, 2004, p. 237-269.

Penser la circulation des savoirs scolaires dans l’espace transatlantique. Émigration-transferts-créations (XVIIIe-XXe siècle)

Penser la circulation des savoirs scolaires dans l’espace transatlantique. Émigration-transferts-créations (XVIIIe-XXe siècle)

Alexandre Fontaine (sous la direction) 

Bien que certains réflexes nationalistes tendent à le dissimuler ou même à le dénier, ce constat s’impose : tout système scolaire se façonne à partir de références étrangères. L’espace transatlantique, depuis la première mondialisation des XVe et XVIe siècles, incarne un laboratoire privilégié de la fabrication de savoirs scolaires mêlés. Par l’action de passeuses et de passeurs, les pratiques et les méthodes pédagogiques les plus efficientes circulent, transitent, s’enrichissent ou sont rejetées.Espace de domination, de rivalités mais aussi de rencontres et de métissages, l’Atlantique fut pensé par l’anthropologue cubain Fernando Ortiz comme une zone de transculturation. Ce mécanisme donnant-donnant fait sens, puisqu’il a contribué à l’émergence de reconfigurations particulièrement créatives. Par cette interpénétration des économies scolaires, nations américaines et européennes ont indéniablement développé et affiné de nouvelles réalités pédagogiques.Cet ouvrage collectif, qui réunit d’éminents spécialistes brésiliens et européens, plaide pour un désenclavement de l’histoire de l’éducation, qu’il s’agit de penser au-delà d’une recherche des similitudes et des différences. Dans ce sens, il restitue l’idée d’une « homogénéisation silencieuse » des savoirs scolaires des deux côtés de l’Atlantique, bien davantage marqués par des échanges polyphoniques et des mécanismes d’emprunts et d’appropriations que par des constructions ex nihilo.

 Avec les contributions de : Maria Helena Camara Bastos, Viktoria Boretska, Jean-Charles Geslot, Laurent Gutierrez et Antoine Savoye, Marianne Helfenberger, Paola Salomé Lopes Garcia, Peri Mesquida et Pierre-Philippe Bugnard, Felipe Ziotti Narita, Vincent Peillon et Marie Vergnon.

 Prix : 26 €

Ouvrage publié avec l’aide du Conseil de l’Université de Fribourg (Suisse) et de la Société académique vaudoise.

Penser la circulation des savoirs scolaires dans l’espace transatlantique.pdf

Mitgliederversammlung

This entry is available in German, French and Italian. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in this site default language. You may click one of the links to switch the site language to another available language.

Liebe Kolleginnen und Kollegen

Da der SGBF/SSRE-Kongress dieses Jahr virtuell durchgeführt wird, hat sich das Büro der Arbeitsgruppe Historische Bildungsforschung SGBF/SSRE entschieden, die Mitgliederversammlung um ein Jahr auf den Kongress 2021 zu verschieben.

Herzliche Grüsse, Karin Manz

Le temps des jolies colonies de vacances Au cœur de la construction d’un service public, 1944-1960.

Nouvelle parution : Julien Fuchs, Le temps des jolies colonies de vacances. Au cœur de la construction d’un service public, 1944-1960.

Entre 1944 et 1960, les colonies de vacances deviennent en France un phénomène social majeur, concernant des centaines de milliers d’enfants et d’adolescents. Soucieux d’accompagner l’expansion de ces structures nées d’initiatives privées, l’État bâtit à leur encontre une politique spécifique et leur dédie une administration. Autour de la figure d’Étienne Bécart, celle-ci est en charge de règlementer le secteur, d’organiser son subventionnement, de structurer un système d’inspection et d’impulser une orientation pédagogique en s’intéressant notamment à la formation des cadres. Basé sur les archives de la Direction générale de la Jeunesse et des Sports, mais aussi sur des sources audiovisuelles originales, ce livre montre comment un service public des colonies se construit en prenant appui notamment, mais sans exclusivité, sur l’univers laïc, et en confrontant ses intentions généreuses à d’incontournables limites dans cette société française de la IVe République.

Site de l’éditeur

Construire la paix par l’éducation : réseaux et mouvements internationaux au XXe siècle

Rita Hofstetter, Joëlle Droux, Michel Christian (éds.), Construire la paix par l’éducation : réseaux et mouvements internationaux au XXe siècle. Genève au cœur d’une utopie. Neuchâtel : Editions Alphil.

Le 2 juin 1913 s’ouvre à Paris le xe Congrès international des femmes qui débouche sur un souhait : « Que les femmes s’initient au pacifisme, suprême affirmation
du droit humain, et qu’elles s’en inspirent dans l’éducation des enfants. » On ne saurait mieux dire le lien étroit qui unit déjà combat pacifiste et enjeux éducatifs à la veille de la Première Guerre mondiale.
Cet ouvrage met précisément en lumière la façon dont les terrains éducatifs ont été traversés au fil du XXe siècle par une diversité de causes transnationales portées par la conviction que la paix se construit par l’éducation. À l’épicentre de ces réseaux, un lieu qui est bien plus qu’une ville : Genève, modeste cité lémanique qui se transforme à partir de 1919 en une véritable ruche internationaliste avec l’arrivée des premières grandes organisations internationales chargées de bâtir un nouvel ordre mondial.
L’ouvrage montre le rôle conféré à l’éducation afin de favoriser cette solidarité universelle et de faire circuler en Europe et dans le monde ces valeurs pacifistes qui nourrissent l’« esprit de Genève ». Les contributions dévoilent la diversité des acteurs individuels (pédagogues, psychologues, médecins, politiciens) et collectifs (réseaux scientifiques, mouvements associatifs et militants) engagés dans cette dynamique réformiste, et cela bien au-delà de l’entre-deux-guerres. Elles donnent à voir la richesse des initiatives alimentant cet élan pacifiste auprès des jeunes, entre les mains desquels se jouerait le devenir de la démocratie et de l’humanité. Les auteurs examinent aussi les controverses, les tensions et les concurrences qui entourent ces élans internationalistes. En mettant au jour les tribulations et les transformations de ces projets réformistes dans le temps et l’espace, l’ouvrage propose de nouveaux éclairages sur la genèse transnationale des politiques éducatives contemporaines.

Table des matières

Un importante fondo per la ricerca storico-educativa è arrivato a Locarno

Il laboratorio Ricerca storico-educativa, documentazione, conservazione e digitalizzazione (RDCD) della SUPSI ha appena ricevuto un’importante donazione. Norberto Bottani, dal 1977 al 1997 Amministratore generale del Centre for Educational Research dell’OCSE, poi dal fino al 2005 direttore del Service Service de la recherche en éducation (SRED) del Cantone di Ginevra, ci ha affidato il suo archivio professionale e personale. Di circa 10.000 documenti, il fondo offre numerose informazioni per lo studio delle politiche educative internazionali nell’ultimo quarto del Novecento, in particolare per quanto concerne il ruolo dell’OCSE e le politiche di monitoraggio dei sistemi educativi. Contiene inoltre documentazioni minori ma non prive di interesse, come ad esempio sugli eventi accaduti nella scuola magistrale ticinese negli anni 1968-1969.Attualmente è in corso il processo di condizionamento e catalogazione del fondo. Il patrimonio librario del fondo è già catalogato nel catalogo NEBIS, i restanti materiali saranno da qui a qualche mese completamente disponibili e consultabili su richiesta presso la Biblioteca del Dipartimento Formazione e apprendimento. Per richiedere informazioni su questo importante fondo, ci si può rivolgere a 

Elèves et étudiants en révolte : contestations et régulations au sein de l’ordre scolaire et universitaire.

Élèves et étudiants en révolte : contestations et régulations au sein de l’ordre scolaire et universitaire.
Les Cahiers de Framespa. Nouveaux champs de l’histoire sociale, n° 32, 2019.
Ce numéro interroge les notions de contestation et de régulation dans le domaine de l’histoire de l’éducation. Ouvert aux spécialistes de toutes les périodes historiques, du Moyen- Âge jusqu’à l’époque contemporaine, il inscrit sa réflexion dans le temps long afin de rendre compte des continuités et des ruptures, des héritages et des renouvellements de la dialectique «régulation/contestation » dans le cadre d’une histoire sociale et culturelle du fait éducatif.

Lien

L’expérience Vrocho à Nice.

Parution de la nouvelle publication de Xavier Riondet, “L’expérience Vrocho à Nice. Controverses et résistances du quotidien au coeur de l’évolution des normes”, Rouen : PUR, 2019.

 Cette étude porte sur la réception d’une expérience corporelle que le thérapeute naturiste grec Vrocho initia en France dans les milieux naturistes et pédagogiques des années 1930. Cet ouvrage revient sur les répercussions philosophiques, pédagogiques et politiques de l’aventure collective qui prit forme autour de ce personnage à proximité des célèbres pédagogues Élise Freinet, Célestin Freinet et Adolphe Ferrière. Cette promenade permettra aux lecteurs de se confronter à la profondeur et à la complexité de la question des pratiques tout en observant la longue et incertaine lutte à l’oeuvre dans les champs scientifiques et à l’extérieur pour faire évoluer les normes, qu’elles soient sociales, pédagogiques ou médicales. 

„Schulen auf besonnter Höhe“. Gründung und Entwicklung von alpinen Mittelschulen in der Schweiz von 1875 bis 1950

Parution de la nouvelle publication de Peter Metz, „Schulen auf besonnter Höhe“. Gründung und Entwicklung von alpinen Mittelschulen in der Schweiz von 1875 bis 1950, Chur: Tardis, 2019.

Ab 1875 sind im alpinen Raum der Schweiz zahlreiche private Schulen mit progymnasialem und gymnasialem Bildungsangebot entstanden. Sie wurden von einer internationalen sowie nationalen Schülerschaft besucht. Voraussetzung und Ansporn dieser Schulgründungen waren die verkehrs­mässige Erschliessung, der aufkommende Tourismus und die Entdeckung des gesundheitsför­dernden Höhenklimas der Alpen. Damit konstituierte sich im historischen und systemischen Anschluss an die Volksschulstufe und in Ergänzung zu kon­fessionellen Mittelschulen ein nachobligatorischer Bildungs­raum mit privaten Mittelschulen. Mit Hilfe von Literatur zur Entwicklungsgeschichte der Alpenerschliessung und unter Bezugnahme zur Geschichte von Medizin, Sport und Touris­mus wird die bisherige Bildungsgeschichte um eine interessante Facette, die Konstitution eines vollschulischen privaten Bildungsangebots im alpinen Raum der Schweiz, erweitert. Die Studie untersucht 16 ausgewählte private Mittelschulen aus allen drei Landesteilen der Schweiz.

Lien vers la maison d’édition

Publication: Apprendre l’arithmétique dans les manuels scolaires au XIXe siècle

Valérie Legros (2019), Apprendre l’arithmétique dans les manuels scolaires au XIXe siècle, PULIM : Limoges cedex.

“Une préoccupation d’Etat pour l’enseignement primaire apparaît vraiment au moment de la Révolution française. Dès cette période, l’enseignement du « compter », du calcul devient une question prioritaire à côté de celui de lire et écrire. Les écoles primaires, créées avec la loi Guizot (1833), sont le lieu de l’enseignement du calcul pour des générations de jeunes français. Toutefois pendant le XIXe siècle, la réflexion pédagogique est balbutiante. Des pédagogues commencent à s’intéresser à l’enseignement scolaire ; Des auteurs vont s’essayer à la composition de manuels scolaires utiles pour les élèves et les maîtres d’écoles primaires. L’évolution formelle de ces livres est manifeste au fil du XIXe siècle.  La présente recherche s’appuie sur l’analyse de plusieurs dizaines de manuels scolaires d’arithmétique publiés avant les lois scolaires de la Troisième République ; Une méthode pédagogique s’y affirme, utilisée par la très grande majorité des auteurs, une méthode procédurale qui associe un petit nombre d’énoncés théoriques qu’il faut apprendre par coeur et beaucoup de règles pratiques pour apprendre les nombres, pour calculer des opérations, pour faire des exercices ou résoudre des problèmes en grand nombre. Cette méthode procédurale insiste sur la nécessité de « faire » : faire des opérations, faire des exercices pour apprendre l’arithmétique.”

Working Group History of Education

The working group Historical Educational Researchbelongs to the Swiss Society for Educational Research(SGBF / SSRE).

The working group is constituted as an association since the general assembly 2014. The members of the working group elect a board which coordinates all activities.
The aims of the working group are to foster historical research on national as well as international level, and to promote results to a broad public.

The statutes of the group can be foundhere: AGHB_SGBF_Statuten

Bureau

Dr. Ingrid Brühwiler

Prof. Dr. Patrick Bühler

Prof. Dr. Lucien Criblez

Prof. Dr. Claudia Crotti

Dr. Nathalie Dahn-Singh

Dr. Nadine Fink

Dr. Alexandre Fontaine

Prof. Dr. Norbert Grube

Dr. Marianne Helfenberger

Prof. Dr. Andreas Hoffmann-Ocon

Dr. Michèle Hofmann

Prof. Dr. Rita Hofstetter

Prof. Dr. Karin Manz (Präsidentin)

Dr. Giorgia Masoni

Dr. Damiano Matasci

Dr. Danièle Périsset

Dr. Christina Rothen

Dr. Thomas Ruoss

Prof. Dr. Wolfgang Sahlfeld

Dr. Martin Viehhauser

Dr. Andrea De Vincenti

Contact

Les membres du groupe de travail Recherche en histoire de l’éducation ainsi que toute personne intéressée sont invités à nous communiquer des activités dans le domaine de la recherche en histoire de l’éducation et à nous donner un retour d’information sur les contenus du site par mail à l’adresse suivante :

Le comité de rédaction vous répondra dans les plus brefs délais. Il est composé d’Ingrid Brühwiler, Alexandre Fontaine, Giorgia Masoni, Nathalie Dahn-Singh, Thomas Ruoss, Wolfgang Sahlfeld.

Registration

Become a member of the Working Group?

Create your account on hist-edu.ch


(Must be at least 4 characters, letters and numbers only.)
We send your registration email to this address. (Double-check your email address before continuing.)

Resources

Wissensportal zur Geschichte von Bildung und Erziehung / Plateforme sur l’évolution historique de la formation et de l’éducation / Portale sulla storia dell’educazione e della formazione

Société suisse pour la recherche en éducation / Società svizzera di ricerca in educazione / Schweizerische Gesellschaft für Bildungsforschung

International Standing Conference for the History of Education (ISCHE)

Deutschsprachige Plattform für digitale Ressourcen zur Bildungsgeschichte

Die Stapfer-Enquête, Edition der helvetischen Schulumfrage vom 1799

Storiascuola ticinese, Documenti di storia della scuola ticinese

Cercle d’études Grégoire Girard / Forschungskreis Gregor Girard (CE2G / FK2G)

Musée du patrimoine scolaire, Fondation Vaudoise du Patrimoine Scolaire

Educational Research and Educational Information (DIPF)

Infoclio, le portail suisse des sciences historiques 

Kommunikation und Fachinformation für die Geschichtswissenschaften

Clio online, Fachportal für Geschichtswissenschaften

Deutsche Gesellschaft für Erziehungswissenschaft (DGfE): Sektion Historische Bildungsforschung, Geschichtliche Aspekte von Erziehungswissenschaft

Schweden: Historische Bildungsforschung Nordische Historische Bildungsforschung mit Nordic Journal of Educational History 

Österreichische Gesellschaft für Historische Pädagogik und Schulgeschichte
Forschung und Vermittlung Historischer Pädagogik in Österreich

Education et savoirs en société

Nouvelle collection “Education et savoirs en société” dirigée par J. Barrier et K. Robinault.

Cette collection propose d’accueillir des travaux de recherche inédits sur l’éducation et, plus largement, sur l’élaboration, la circulation et la transmission de savoirs dans différents contextes sociaux, historiques et politiques. Sans négliger les phénomènes de pouvoir et de production d’inégalités, elle porte ainsi une attention particulière à la question des savoirs et des apprentissages. Ouverte sur l’ensemble des disciplines, elle envisage éducations et savoirs dans toute leur diversité. À ce titre, elle interrogera les dynamiques à l’œuvre aussi bien dans des institutions éducatives que dans d’autres espaces sociaux, comme la famille, les milieux associatifs ou le monde économique. Les ouvrages publiés, de préférence des monographies, s’adressent aux chercheurs, étudiants, formateurs et citoyens intéressés par les résultats de la recherche dans ce domaine.

ENS Editions

Fontaine Alexandre, Gillabert Matthieu & Hoenig Bianca (Ed.) (2019). “Die Schweiz – eine Kulturtransfergeschichte / La Suisse – une histoire de transferts culturels”. Traverse, Zeitschrift für Geschichte, 1, 216 p.

Die Schweiz stellt einen Raum intensiver kultureller Transfers dar. Wissen und Bezüge aus dem Ausland wurden aufgenommen, angeeignet und reinterpretiert, sei es im kantonalen, regionalen, lokalen oder nationalen Rahmen. Dieser Schwerpunkt der traverse setzt sich zum Ziel, die Rolle von kulturellen Importen und ausländischen Bezügen in der Schweiz genauer zu fassen. Anhand des schweizerischen Falls wird damit eine Relektüre des Kulturtransferkonzepts und seiner Methoden angestrebt.

La Suisse incarne un espace de transferts culturels qui a absorbé des savoirs et des références étrangères, non sans les réinterpréter afin de les ajuster dans ses propres contextes, qu’ils soient cantonaux, régionaux, locaux ou national. Ce numéro de traverse a pour objectif d’analyser les processus complexes d’absorptions, de transferts et de réinterprétations d’idées et de pratiques diverses. Ainsi, le numéro souhaite réinterroger la notion de transfert culturel et ses méthodes dans le cas helvétique.

Link

Une innovation pédagogique : le cas de l’enseignement mutuel au XIXe siècle

Sylviane Tinembart et Edward Pahud, Une innovation pédagogique : le cas de l’enseignement mutuel au XIXe siècle, Neuchâtel : Alphil, 2019.

Enseigner la lecture et l’écriture avec succès à mille enfants présents dans une même salle, cela pourrait passer aujourd’hui pour un pari fou et pourtant deux hommes l’ont imaginé et l’ont mis en pratique.
L’Écossais Andrew Bell et l’Anglais Joseph Lancaster se sont ainsi lancés à corps perdu dans l’expérience de l’enseignement mutuel au début du XIXe siècle. Ils proposent alors que des enfants enseignent à d’autres enfants.
Très rapidement, leurs écoles acquièrent une grande renommée d’abord en Grande-Bretagne, puis en France ; leur mode d’enseignement s’étend ensuite comme une trainée de poudre à travers l’Europe et le monde. Ils apportent ainsi une réponse aux problèmes des autorités scolaires de l’époque qui, faute de moyens financiers, peinent à former des enseignants et à concevoir les systèmes d’instruction publique.
La première partie de l’ouvrage retrace les origines, le développement et le déclin de ce mode d’enseignement et la seconde décrit l’organisation, les composantes et les variations de sa mise en oeuvre.
Ainsi, grâce à l’étude de cette innovation pédagogique du XIXe siècle, c’est un pan de l’histoire de l’école qui est remis en lumière.

Link